Depuis plus de vingt ans, Guylaine Juan pratique et enseigne le shiatsu et la médecine traditionnelle chinoise. À la tête de son école, reconnue par des plateformes comme Liberlo et Médoucine qui référencent des praticiens certifiés en médecines douces, elle transmet bien plus qu'un savoir-faire : une manière d'écouter le corps, de prévenir les déséquilibres et de se reconnecter à soi.
Chez Guylaine Juan, tout commence bien avant les bancs de formation. Enfant, elle grandit dans un environnement où les soins passent d'abord par des pratiques alternatives. Elle se souvient : « On allait voir des magnétiseurs avant même d'aller chez le médecin. » Très tôt, elle ressent les effets bénéfiques de ces approches et s'interroge sur le pouvoir des mains.
Cette curiosité devient une évidence lorsqu'elle découvre la médecine traditionnelle chinoise et rencontre celui qui marquera profondément son parcours, André Nahum, l'un des pionniers du shiatsu en France. Elle raconte avec émotion : « Quand je l'ai rencontré, je me suis dit : c'est ça que je veux faire. » À ses côtés, elle apprend les bases d'une pratique fondée sur la bienveillance et l'écoute du corps et de l'esprit. Une philosophie qui ne la quittera plus.
Une autre manière de voir la santé
Au fil de sa pratique, Guylaine Juan affine sa vision du soin. Elle observe que de nombreuses personnes s'épuisent et se coupent de leurs propres besoins. C'est en travaillant sur l'énergie qu'elle comprend toute la portée du shiatsu. Elle explique : « La médecine allopathique est une médecine d'urgence, alors que nous, nous sommes dans la prévention. »
Pour elle, l'objectif est clair : maintenir un équilibre constant entre le corps et l'esprit. En stimulant la circulation de l'énergie, il devient possible de limiter certains déséquilibres et d'agir en amont. Elle insiste néanmoins sur la complémentarité des approches, rappelant que le shiatsu ne remplace pas la médecine conventionnelle, mais vient l'accompagner.
Cette approche globale repose sur une lecture fine du corps. Pouls, langue, regard : autant d'indicateurs qui permettent de comprendre l'état énergétique d'une personne. « Quand je parle d'un organe, je parle toujours de son énergie », précise-t-elle.
Transmettre pour rendre chacun autonome
Si Guylaine Juan se consacre aujourd'hui à l'enseignement, c'est d'abord par nécessité. Face à une demande grandissante, elle réalise qu'elle ne peut répondre seule à tous les besoins. Elle commence alors par transmettre des gestes simples à ses patients. Elle se souvient : « Je leur montrais des points pour soulager un mal de tête ou aider un enfant à dormir. » De cette première approche naissent des ateliers de shiatsu familial, puis, progressivement, une véritable formation professionnelle.
Son école attire aujourd'hui des personnes en reconversion, en quête de sens, mais aussi des cadres dirigeants épuisés. Pour ces derniers, elle a conçu le Leadership Shiatsu : une semaine immersive et résidentielle au Château de Poët-Célard dans la Drôme provençale. Loin du bruit du monde, ils se reconnectent à leur corps, leur énergie, leur capacité naturelle à diriger. Elle explique : « Le leadership ne vient pas de la tête seule, il vient de tout l'être. »
L'exigence reste la même pour tous ses programmes : « Je ne veux pas baisser le niveau du shiatsu, au contraire, je veux l'élever. »
Une transformation profonde, bien au-delà du corps
Au-delà des compétences techniques, ce que Guylaine Juan transmet, c'est une transformation globale. Elle observe chez ses élèves des changements durables, tant physiques qu'émotionnels. « Ils changent eux-mêmes. Ils comprennent que corps et esprit ne font qu'un », explique-t-elle.
Guylaine Juan souhaite inscrire cette transmission dans la durée. Elle confie : « Je veux transmettre pour que ça continue après moi, via mes associées. » Avant de préciser : « Mon objectif est qu'elles puissent transmettre à leur tour et améliorer encore la place du shiatsu en France. »
Face à un monde où le stress et la fatigue sont omniprésents, le shiatsu répond à un besoin croissant de retour à l'essentiel. Guylaine Juan le résume avec une conviction intacte : « Nous sommes nous-mêmes la personne la plus importante pour nous. » Et de conclure avec une phrase qui résume toute sa philosophie : le corps n'est pas une machine à réparer, mais un équilibre à écouter.
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